cinema


emissions

Écouter !

Retour aux émissions

6 mai 2008

“EphĂ©mères” de Pascal Bonnelle au 400 coups du 15 au 20 mai !

Le film avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© en 2006 au festival premier plan d’Angers dans une version plus longue de huit minutes. Pascal Bonnelle le rĂ©alisateur Angevin et son Ă©quipe ont fait voyagĂ© le film puisqu’il a Ă©galement Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© dans des festivals amĂ©ricains et Italiens. L’Ă©quipe a prit note des diffĂ©rents « retours » du public. C’est pour cela que Pascal nous propose aujourd’hui une nouvelle version de 82 minutes oĂą la musique, le son, le montage ont Ă©tĂ© retravaillĂ©s.

 

  • L’histoire :

Une nuit dans la ville, François rencontre LĂ©a. L’un et l’autre partagent une mĂŞme errance, une mĂŞme perdition. Parallèlement, un homme mystĂ©rieux demande Ă  Pierre et Claire de rĂ©pĂ©ter cette histoire dont il est l’auteur. Ainsi, avec cette mise en scène, l’homme espère voir son histoire prendre vie ; comme un rĂŞve qui se rĂ©aliserait. Mais les rĂŞves sont comme les Ă©phĂ©mères, ils meurent avec le jour.

Vous pourrez dĂ©couvrir dans ce long mĂ©trage de nombreuses scènes tournĂ©es dans des lieux phares de la ville d’Angers : La Gare, le Château, la Galerie de l’Apocalypse, le quartier de la Doutre, la fontaine du Mail et bien d’autres.

 

  • Au cinĂ©ma Les 400 Coups d’Angers

- Jeudi 15 mai

Ă  17 h 30: prĂ©sentation du film Ă  la FNAC d’Angers

à 20 h 15: séance spéciale en présence du réalisateur et des comédiens

- Vendredi 16 au mardi 20 mai inclus: séance chaque soir à 22h

Tarif unique: 5 euros.

Des DVD du film seront Ă  vendre Ă  partir du 15 mai pour le prix de 15 euros.

13 février 2008

Avant-première de Mein Führer

Hier, aux 400 coups, se tenait l’avant première de Mein FĂĽhrer, une comĂ©die satyrique sur Adolf Hitler. Le film projetĂ© ne sort que fin Mars mais on en parle dĂ©jĂ  outre-Rhin car il a fait polĂ©mique lors de sa sortie. En effet, le FĂĽhrer y est ici très grossièrement caricaturĂ© et ça n’a pas plut Ă  tout le monde.

L’histoire : 1944, Adolf Hitler dĂ©prime. il est vieux, il a l’impression qu’on lui cache des choses et ne fait confiance Ă  personne. Problème : il doit tenir un discours très important dans cinq jours. Goebbels, son ministre de la propagande, ramène donc des camps, un prisonnier juif, Adolf GrĂĽndbaum, professeur et acteur de son Ă©tat, pour remettre Hitler dans le “droit chemin”.

Le film : MĂŞlant images d’archive et images rĂ©elle, le rĂ©alisateur nous plonge dès le dĂ©but dans un Berlin, dĂ©vastĂ© par les bombes alliĂ©es. Seuls subsistent le palais et les appartements du FĂĽhrer, flamboyant de richesse. En abordant le thème de la dĂ©portation et des nazis, Daniel Levy pouvait s’y perdre dangereusement. Il ne s’en tire pas trop mal en nous faisant sourire et mĂŞme rire, surtout avec le personnage de Goebbels, cynique et dĂ©sinvolte. Malheureusement, les autres personnages sont très, voir trop caricaturĂ©s comme Hitler qui est dĂ©crit comme un vieux ventripotent, ou tout simplement un peu inexistant comme le professeur juif qui aurait pu ĂŞtre davantage creusĂ©. Mais cela reste un bon divertissement moral (ça parle quand mĂŞme de la dĂ©portation !) avec des situations comique : le salut “Heil Hitler” Ă  outrance ou encore la mĂ©prise des deux prĂ©noms, Adolf, qui donne lieu Ă  un superbe quiproquo…

Bref, le cinĂ©ma allemand n’en finit pas d’Ă©merger : après La vie des autres, Mein FĂĽhrer rĂ©ussit dĂ©jĂ  Ă  faire parler de lui.

19 janvier 2008

Alain Resnais au… Premier Plan

Pour sa 20ème Ă©dition, le festival Premiers Plans consacre une rĂ©trospective intĂ©grale Ă  Alain Resnais : l’occasion pour nous de prĂ©senter ce rĂ©alisateur hors normes, et sans doute de le faire dĂ©couvrir Ă  une gĂ©nĂ©ration qui le connaĂ®t souvent peu ou mal.

Une carrière précoce
NĂ© en 1922, Alain Resnais reçoit sa première camĂ©ra Ă  l’âge de 12 ans et produit son premier film, une adaptation de Fantomas, Ă  14 ans. Son univers est largement influencĂ© par ses lectures (BD et littĂ©rature) et par sa passion pour la photo.
En 1943, il renonce Ă  sa vocation de libraire et intègre la première promotion de l’IDHEC (Institut des hautes Ă©tudes cinĂ©matographiques), section montage. Une formation qui continue bien entendu d’imprĂ©gner son travail, puisque les films de Resnais reposent sur une narration plurielle, avec un montage qui juxtapose diffĂ©rents espaces et temps.

La phase “documentaire”
La carrière de réalisateur de Resnais débute véritablement en 1948, avec Van Gogh, court-métrage documentaire. Un genre auquel il s’est exclusivement réservé, pendant les dix années suivantes, avec des thèmes graves (Guernica ou Nuit et Brouillard, qui obtient le Prix Jean-Vigo en 1956 et reste une référence sur la déportation) ou légers (visite des usines Péchiney).
De cette pĂ©riode, Resnais conserve le goĂ»t de la documentation minutieuse et fouillĂ©e, un amour portĂ© au dĂ©tail. Par exemple, des fiches biographiques de chaque personnage sont fournies aux acteurs, qui leur permettent d’approfondir leur jeu.

Les premiers films de fiction et la “Nouvelle Vague” du cinĂ©ma
Hiroshima mon amour (1959) et L’annĂ©e dernière Ă  Marienbad (1961), Ă©crits respectivement par Marguerite Duras et Alain Robbe-Grillet, deux Ă©crivains emblĂ©matiques du « Nouveau Roman ».

« Nouveau roman » et « Nouvelle Vague »
Ces deux mouvements artistiques contemporains s’inscrivent dans une même logique de rejet de la tradition et de remise en cause des genres traditionnels. Les jeunes cinéphiles tels que Godard, Truffaut, Rivette, Valcroze, etc. aspiraient à une vie plus libre, sans convention. Alors que le cinéma de cette époque était dépourvu de créativité et se contentait d’être un simple support au roman, ils réinstaurent le cinéma d’auteur en revoyant tous les fondements du cinéma.

Un art engagé ?
Comme la plupart des intellectuels de l’après seconde guerre mondiale, Alain Resnais s’ancre plutôt à gauche, mais en gardant toujours un grand sens critique et sa liberté de parole. Toutefois, il renonce progressivement aux messages explicites dans ses films, surtout après les critiques de Stavisky.

“Il n’a de mĂ©pris pour aucun genre” (Sabine AzĂ©ma)
La filmographie d’Alain Resnais très variĂ©e, elle comprend de la science-fiction (Je t’aime, je t’aime, 1968) ; MĂ©lo (1986) dans le style du théâtre de boulevard ; I want to go home (1989) inspirĂ© de l’univers de la bande dessinĂ©e, ou encore des comĂ©dies musicales ou opĂ©rettes, Pas sur la bouche (2003) et Coeurs (2006).
Au total, 19 longs-métrages et 13 courts-métrages, sur quelques 60 ans de carrière, que le Festival Premiers Plans vous propose de découvrir ou de redécouvrir.

18 janvier 2008

Vier Minuten, encore le come-back du ciné allemand

L’histoire
Au cĹ“ur du rĂ©cit, un piano, installĂ© dans le gymnase d’une prison. Et autour de l’instrument, deux femmes que tout semble opposer et qui peu Ă  peu s’apprivoisent : Traude KrĂĽger, qui enseigne la musique depuis 60 ans dans l’Ă©tablissement carcĂ©ral, et Jenny von Loeben, une jeune dĂ©tenue condamnĂ©e pour meurtre, qui est aussi une pianiste virtuose.

4min

Un sujet plutôt classique, qui fait écho à d’autres réalisations telles que De battre mon cœur s’est arrêté (Jacques Audiard, 2005), La Pianiste (Michael Haneke, 2001) ou La leçon de piano (Jane Campion, 1993). Sans réelle originalité, Quatre Minutes reprend les thèmes incontournables du genre : l’opposition entre la dimension quasi-mystique de la musique et l’univers carcéral, synonyme d’emprisonnement, de solitude, de désocialisation ; les relations entre un maître exigeant et son élève surdoué(e) ; la rédemption par la musique. Et se conclut sur la figure obligée, convenue même, du concert triomphal, qui dure, bien entendu, quatre minutes tout juste.

La dimension historiographique
En fait, l’originalitĂ© du film se trouve plutĂ´t dans l’Ă©vocation très nuancĂ©e de l’hitlĂ©risme, dĂ©nuĂ©e de la culpabilitĂ© qui pesait encore sur les Ă©paules de la prĂ©cĂ©dente gĂ©nĂ©ration de cinĂ©astes. « Il y a vingt ans, un personnage comme Traude KrĂĽger n’aurait pas Ă©tĂ© possible, reconnaĂ®t Chris Kraus, elle n’aurait Ă©tĂ© que nĂ©gative. Aujourd’hui, on peut Ă©voquer l’ambivalence de son personnage. » A savoir : une lesbienne qui a vu son amante assassinĂ©e par les nazis, mais une vieille femme toujours imprĂ©gnĂ©e par les diktats esthĂ©tiques et artistiques du rĂ©gime hitlĂ©rien.

Violence, musique et sentiments
La violence est omniprĂ©sente dans le film, bien entendu Ă  travers la reprĂ©sentation très rĂ©aliste de l’univers carcĂ©ral, mais aussi avec les flash-backs qui restituent peu Ă  peu le passĂ© de Traude KrĂĽger. Seule la musique, en contre-point de l’univers carcĂ©ral, parvient rompre les tensions insupportables qui sous-tendent le film. Finalement, la violence confère un Ă©clairage nouveau Ă  des morceaux connus de musique classique et leur redonne toute leur puissance originelle. Pour certains, une vĂ©ritable dĂ©couverte…
Enfin, s’il le fallait encore, les interprĂ©tations magistrales des deux actrices principales, Monika Bleibtreu et Hannah Herzsprung, parviennent Ă  sauver le film, tant elle sont convaincantes dans l’incarnation de ce duel psychologique, que d’aucuns jugeront pourtant trop pathĂ©tique.

Quatre Minutes, de Chris KRAUS, janvier 2008, 1h52.

16 janvier 2008

California Dreamin’

California Dreamin’ vous évoque sans doute d’abord une chanson du groupe The Mamas and The Papas (1965). Mais c’est aussi le titre du premier (et dernier) film du Roumain Christian Nemescu (2006), primé au 60ème Festival de Cannes (2007), catégorie « Un certain regard ». Le rapport entre les deux ? California dreamin’ sert de générique, et plus encore : de thème musical structurant, au film de Nemescu.

Basé sur des faits réels, California dreamin’ raconte l’arrivée d’un train de l’ONU transportant des soldats américains et du matériel militaire secret, dans un village « perdu dans un pli de la carte » en Roumanie, en 1999 (donc en plein conflit au Kosovo). Tout cela n’est pas bien compliqué, me direz-vous… sauf qu’à partir de ce simple fait divers, c’est tout un faisceau de thèmes et de destins qui s’entrecroisent.
Des exemples ? A travers la vie du chef de gare, Doiaru, s’établit une analogie entre 1945 (les Américains attendus en libérateurs ne sont jamais venus) et 1999 (l’arrivée cette fois inopinée de ces soldats, dont les actions sont doucement contestées tout au long du film). De ce parallèle ressort au final une critique au vitriol des Etats-Unis « gendarme du monde ».
Ou encore, sur un registre plus léger : l’amour, thème qui va de pair avec une réflexion sur le fait de grandir. Monica comprend qu’elle doit décider elle-même de sa vie et étudier, si elle veut quitter son village qu’elle exècre ; plus généralement, les midinettes du village vont vite déchanter, tant il est évident que leurs amants américains de cinq jours ne les emmèneront pas aux USA. Certaines scènes passent clairement pour une réinterprétation, version désacralisée, de la Libération par les Américains, qui se montrent, aux yeux de la majorité du village, assez décevants.
Se pose aussi le problème du choc des cultures, et de la difficulté à communiquer, qui trouve des illustrations à plusieurs niveaux (le soldat américain pur sucre face au maire magouilleur bien décidé à profiter de la situation ; la jeune fille amoureuse qui ne parle pas la langue de son amant).

Cette multiplicité de thèmes appelle bien entendu une diversité de tonalités, si bien qu’il reste difficile de classer ce film dans l’une ou l’autre des catégories classiques. C’est un film rare, subtil, qui fait à la fois rire et pleurer et relève à la fois de la comédie satirique et du drame social.

Vous l’aurez compris, c’est donc un film très riche, au point même d’en être fouillis – mais il est vrai que le réalisateur n’a jamais pu finir le montage, puisqu’il est décédé en 2006 dans un accident de voiture. Certaines longueurs sont à déplorer, mais un film à recommander tout de même.

California Dreamin’,
de Christian Nemescu, 2006, 2h35.

28 novembre 2007

Le choix vous appartient

C’est avec un plaisir varié que s’aborde cette nouvelle semaine ciné.

Across the Universe sort de nulle part, mais pourrait bien s’avĂ©rer intĂ©ressant. Une comĂ©die musicale et un opĂ©ra rock reprenant les grands tubes des Beatles, animĂ©s sur grand Ă©cran dans une histoire d’amour prenant place au cĹ“ur des annĂ©es 60 en Angleterre. MĂ©langeant rock n’roll et voyages psychĂ©dĂ©liques sur des mĂ©lodies qu’on connaĂ®t tous, ce film pourrait bien ĂŞtre une jolie surprise… Le retour Ă  un genre lĂ©gèrement en dĂ©suĂ©tude et difficilement adaptable de façon convaincante au cinĂ©ma depuis Tommy ou The Wall (mĂŞme si Moulin Rouge, d’une certaine façon…)

Le polar aura aussi son chef de file : La Nuit nous appartient, film noir projeté au dernier Festival de Cannes et dont les échos sont plus que positifs. Revenu pourtant bredouille (tout comme le reste de l’impressionnante sélection US de cette année), le film de James Gray arrive enfin en France. Avec 3 films réalisés en 13 ans, c’est peu dire si le cinéaste n’apparaît que là où ça lui chante, même si les thèmes chers à son cœur englobent deux types de communautés, généralement en plein dysfonctionnements : famille et mafia. Son dernier film, The Yards, avec déjà Mark Wahlberg et Joaquin Phoenix, revenait sur l’histoire d’une famille de mafieux en pleine crise. Ici, années 80, trafic de drogue et police new-yorkaise s’entremêle sous les regards des deux comédiens déjà précités, auxquels s’ajoute Robert Duvall, et Eva Mendès en arbitre de charme.

Avec Wong Kar Wai, les réactions sont diverses. On peut s’émerveiller de In the mood for love et rester circonspect devant 2046. Si maintenant le cinéaste s’éloigne formellement de ces expérimentations passées, il n’en garde pas moins le thème central de l’amour pour guider ses personnages dans My Blueberry Nights. Soit ici Norah Jones, Jude Law, Natalie Portman et Rachel Weisz (excusez du peu !), perdus dans un road-movie réalisés aux Etats-Unis où le réalisateur s’est envolé. Tout comme l’avait fait Wim Wenders, parti d’Allemagne pour tourner son magnifique Paris, Texas, Palme d’Or en 1984. De là à continuer le jeu des similitudes, il n’y a qu’un pas qu’on vous laisse franchir.

A la semaine prochaine !

9 novembre 2007

Cycle Kubrick sur Arte

Pour ceux qui n’Ă©taient pas au courant : Arte a lancĂ© dĂ©but novembre un cycle Kubrick permettant de voir 10 de ses films les plus connus et un documentaire sur la vie de ce cinĂ©aste, que certains disaient maniaque et mĂ©galo mais, que la plupart considèrent tout de mĂŞme comme une sorte de gĂ©nie artistique et perfectionniste.

 

Après Full Metal Jacket, Barry Lyndon, L’ultime razzia et Les sentiers de la gloire, vous aurez encore l’occasion de voir :

 

Lundi 12 Novembre : - 20 h 40 : 2001 l’odyssĂ©e de l’espace, 2 h 21

 

Adaptation du livre SF d’Arthur C. Clarke, le film est vite devenu aussi culte que le roman dont il est tirĂ©.

Kubrick estimait que c’Ă©taient la musique et les images qui marquaient le plus les spectateurs. Il a donc rĂ©alisĂ© un opĂ©ra grandiose psychĂ©dĂ©lique et onirique sur le devenir de l’humanitĂ© et sur sa place dans l’univers oĂą l’expĂ©rience verbale est transcendĂ©e…

 

Mercredi 14 Novembre - 23 h 10 : Orange mécanique, 2 h 16

 

Pour âmes averties. Ce film est d’une grande violence aussi bien physique que psychologique. C’est un film choc racontant l’histoire d’un adolescent pervers et sadique dans un monde barbare. Il va suivre un programme qui lui fera perdre ses instincts violents mais Ă©galement toute humanitĂ©. Dans ce film, la violence carnavalesque des adolescents s’oppose Ă  la violence froide et dĂ©shumanisante du pouvoir. Terrifiant et magnifique.

 

Jeudi 15 Novembre - 20 h40 : Docteur Folamour, 1 h 33

 

Un chef d’oeuvre d’humour noir rĂ©alisĂ© alors que le monde est encore en pleine guerre froide et juste après la crise de Cuba.

Kubrick voulait crĂ©er une “comĂ©die cauchemardesque” remplie de situations burlesques et d’humour grincant.

 

Lundi 19 Novembre - 20 h 40 : Lolita, 2 h 33

 

Adaptation du roman de Nabokov par lui mĂŞme, ce film Ă©voque un sujet extrĂŞmement tabou : la pĂ©dophilie. Le hĂ©ros est en effet attirĂ© par une fille de 12 ans. Le film dut d’ailleurs composer avec la censure.

Tragique odyssĂ©e amoureuse, Lolita est transcendĂ© par l’humour et l’ironie de Kubrick.

 

Mercredi 21 novembre - 22 h 30 : Le documentaire Life in Pictures

 

RĂ©alisĂ© par son beau frère Jan Harlan, on y voit des vidĂ©os de Kubrick gamin, les photos d’amateur d’un homme restĂ© toujours très discret, et des tĂ©moignages de Steven Spielberg, de Woody Allen et de Martin Scorces sur ces films.

 

Malcolm McDowell (le hĂ©ros d’Orange mĂ©canique) et Jack Nicholson (dans Shining) Ă©voqueront Ă©galement leur collaboration avec Kubrick qui a changĂ© leur carrière.

 

toujours Mercredi 21 novembre - 00 h 45 : Le Baiser du tueur, 1 h 07

Deuxième film de Kubrick, Le Baiser du Tueur est un film noir atypique qui introduit les obsessions thĂ©matiques et visuelles de ce rĂ©alisateur dĂ©jĂ  un peu hallucinĂ© autour de la vengeance d’un boxeur.

 

et enfin Jeudi 22 Novembre - 20 h 40 : Eyes Wide Shut , 2 h 39

 

Le dernier film de Kubrick parle des rapports de couple dans une ambiance onirique, de rêve éveillé, ce qui ferait presque penser à un film de David Lynch.

Kubrick réunit ici un couple de stars hollywoodiennes alors mariées, Tom Cruise et Nicole Kidman, et les plonge, avec un brin de perversité, dans les fantasmes et les errances du désir conjugal.

DĂ©cĂ©dĂ© juste après la fin du montage, Kubrick clĂ´t une carrière unique et magistrale par une odyssĂ©e de l’amour conjugal, qui pourrait aussi s’appeler, comme son tout premier opus en 1953, Fear and desire, “peur et dĂ©sir”.

8 novembre 2007

Viggo Mortensen nous enterrera tous

La sortie incontournable de la semaine à qui personne n’a osé se frotter, c’est évidemment Les Promesses de l’Ombre, dernier né de David Cronenberg. Réalisé juste avant ce nouvel opus, A History of Violence avait été une véritable claque, un film brut et presque primal : Avouons-le, celui qui n’a pas été touché par ce monument n’aime décemment pas le cinéma ! C’est donc avec excitation que l’on attendait le nouveau Cronenberg, qui retrouve ici l’imposant Viggo Mortensen (difficile de reconnaître Aragorn !), accompagné de Naomi Watts et Vincent Cassel en terre étrangère. Sous couvert d’une histoire glauque impliquant la mafia russe et un journal intime, Cronenberg devrait nous trousser une fable brutale sur l’Homme et ses excès, dès qu’on en vient à arpenter d’un peu trop près son territoire. Un bijou noir en devenir ?

Notons aussi la sortie de Darling, dans lequel Marina Foïs joue une jeune femme malheureuse, sur qui la vie semble s’acharner. Distillant peu à peu un mélange de doux-amer et de dure réalité dans ses films, l’actrice joue avec son image de gentille naïve, pour nous toucher différemment, et plus durement aussi.
Enfin, il conviendra peut-être de jeter un œil au nouveau film du réalisateur de Collision, Dans la vallée d’Elah, dans lequel l’Amérique post-11 septembre commence son exorcisme : Au travers de Tommy Lee Jones, souvent impeccable, parti à la recherche de son fils rentré d’Irak et disparu dans la foulée.

31 octobre 2007

Sélection des vacances

Réjouis toi l’ami : Si la rentrée ne t’a pas permis de te perdre dans les salles obscures, les sorties de cette semaine devraient attirer ton attention par leur diversité. Voire, te permettre de réviser un jugement expéditif quand on en vient à faire un choix impliquant quelques euros et la privation (d’essence ? d’un repas ?) qu’ils engagent.

 

Jouons-la cool : Le Royaume est un produit américain calibré, entraînant une unité d’élite en Irak à la recherche d’un terroriste. Loin de faire dans l’état des lieux, le film n’est apparemment qu’une chasse à l’homme de plus, exploitant un nouveau territoire susceptible de bien rendre à l’écran. On pourrait déjà le condamner si son réalisateur, Peter Berg, n’était pas si adroit de ses épaules dès qu’il s’agit de porter une caméra. Créateur de la sublime série Friday Night Lights suivant la vie d’une équipe de joueurs de football américain, Peter Berg a le chic pour nous faire apprécier l’improbable. Plaisir inoffensif donc, mais plaisir quand même. Surtout avec le retour à la cool de Jamie Foxx, égaré depuis Miami Vice.

L’Heure zĂ©ro saura titiller les amateurs de mystères. AdaptĂ© d’un roman de Agatha Christie, le film invite diffĂ©rents protagonistes en un lieu suffisamment isolĂ© pour qu’à minuit, le crime parfait soit perpĂ©trĂ©. Rassemblant un casting hĂ©tĂ©roclite (Laura Smet survoltĂ©e, Melvil Poupaud, Chiara Mastroianni), rappelant la vague nostalgique d’un cinĂ©ma qu’on croyait perdu, ce huis clos fait certes dans la rĂ©fĂ©rence (pas forcĂ©ment surannĂ©e), mais nous fait aussi voyager, le propre d’un film en somme. Le rĂ©sultat est dĂ©calĂ© et parfois très drĂ´le dès qu’interviennent tous ces personnages vifs et inspirĂ©s. Pascal Thomas a dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ© Mon petit doigt m’a dit en 2005, avec Catherine Frot. DĂ©jĂ  une adaptation d’un roman de la maĂ®tresse du suspense.

Et sinon, ça vous fait quoi de vous asseoir dans une salle de cinéma, quand les lumières flanchent et que l’écran s’allume ? 34 cinéastes répondent à cette question dans Chacun son cinéma, un film réalisé spécialement à l’occasion du 60ème Festival de Cannes. Gus Van Sant, Jane Campion, David Lynch, Takeshi Kitano, Ken Loach, Roman Polanski et David Cronenberg y livrent leurs impressions en quelques minutes chacun, le temps d’un songe.

Pour le reste on vous laisse seuls juges ! Le nouveau Woody Allen, Le Miroir de Cassandre, troisième Ă  Londres depuis Match Point, SuperGrave, un film avec des puceaux qui veulent en finir (vous n’arriverez jamais Ă  convaincre personne que c’est un bon film – mais ça l’est), Le Premier Cri, sur la naissance et la vie, Chrysalis, un polar SF Ă  la française avec Dupontel… Ah oui, et la jolie ClĂ©mence PoĂ©sy dans Le Dernier Gang… mais je m’égare.

Vous avez le choix, faites-en un.

24 octobre 2007

Paranoid Park

PrĂ©sentĂ© au dernier Festival de Cannes, le dernier Gus Van Sant a semble-t-il plu Ă  l’assistance. Pas suffisamment pour remporter un prix au palmarès officiel, mais assez pour permettre Ă  son auteur de se voir lĂ©gitimement couronnĂ© du Prix du 60e anniversaire du festival pour l’ensemble de son Ĺ“uvre (et aussi un peu pour le film, quand mĂŞme). Paranoid Park sort enfin en France, ainsi prĂ©cĂ©dĂ© de cette flatteuse rĂ©putation. Dans ce film, Gus Van Sant reste local dans son approche, sondant l’impĂ©nĂ©trable abyme qu’est devenu un certain jeune homme, après avoir par accident tuĂ© un agent de sĂ©curitĂ© dans le skate-park le plus malfamĂ© de Portland, Paranoid Park. CinĂ©aste adepte d’une certaine forme d’expĂ©rimentation, Van Sant aura dernièrement recrĂ©e la tuerie de Columbine (Elephant), rĂ©inventĂ© le survival soporifique (Gerry), rejouĂ© les derniers jours d’un certain rockeur (Last Days). Quelles influences passeront Ă  la moulinette de son objectif cette fois-ci ?

Les chanceux des grandes mĂ©tropoles pourront redĂ©couvrir 13 ans après sa sortie originale, une nouvelle version de L’Etrange Noel de Monsieur Jack. TravaillĂ© dans les studios spĂ©cialisĂ©s de Disney, c’est en 3D que nous revient l’énergumène, grâce Ă  un procĂ©dĂ© unique et enfin concluant. Aux premières nouvelles, si l’on semble perdre en vivacitĂ© des couleurs, le rendu est bluffant et offre une profondeur de champ qu’on ne pouvait que soupçonner Ă  la vue du film de Henry Selick (supervisĂ© par Tim Burton). Peu de cinĂ©mas sont pour l’instant Ă©quipĂ©s du procĂ©dĂ© de projection, mais cette sortie encadrĂ©e par Disney n’a pas d’autres buts que de promouvoir cette technologie maintenant bien plus au point qu’on a par le passĂ© essayĂ© de nous le faire croire. Patience donc.

Pour prolonger dans le merveilleux, tentons d’approcher Stardust, film Ă  priori mignonnet si l’on en croit les quelques images aperçues : BloquĂ© quelque part entre “Narniania” et le dĂ©jĂ  kitsch “A la croisĂ©e des mondes” Ă  venir (guettez dĂ©cembre), on n’est Ă  priori pas attirĂ© par ce qui semble ĂŞtre une resucĂ©e d’un univers dĂ©jĂ  maintes fois explorĂ©.
Sauf que, doté d’un casting hétéroclite (Claire Danes, Robert de Niro, Michelle Pfeiffer), le film est surtout l’adaptation d’un roman de Neil Gaiman, grand manitou du comics, créateur du personnage de Sandman (un perso culte de DC Comics) et auteur de American Gods. Le film ici présent raconte l’étrange aventure d’un garçon parti récupérer une étoile dans un monde hostile, tout ça pour les beaux yeux d’une fille. Matthew Vaughn, réalisateur du polar corsé Layer Cake est aux commandes du film. En l’état, tout est possible : jolie fresque ou aventure soporifique. On vous laisse choisir.