Paula, originaire de Berlin (Allemagne) a travaillé à nos côtés tout le mois de juillet…
Quand je traverse la Place de la Gare à 6h30, on nettoye le trottoir avec de l‘eau.
Je sais maintenant que les gens sur le banc à la Place Pierre Semard ne sont pas sans abri, ils attendent le bus.
Je me dirige vers le parc du Haras et croise la fontaine qui dort encore. L‘humidité dans l‘air vient des jardiniers qui se sont levés plus tôt que moi pour arroser la verdure.
Jusqu‘à ce qu’on m’ait montré l‘Université de l‘autre côté de la Maine, j‘ai cru que le centre représentait la ville entière: avec son parc d‘Olonne caché derrière les maisons dans la rue Bressigny où on se partage les endroits sous le soleil mais pas les sandwichs, les vélos mis gratuitement à la disposition de ceux qui possèdent un compte français, ses boulangeries traditionnelles qui ferment quand j‘ai faim pendant la pause.
On m‘a dit que le soir, c‘est dangereux dans les rues moins fréquentées. Les articles dans les journaux m‘apparaissaient loin de ce que je croyais. Les condamnations qui menent à l‘arrestation dans la prison d‘Angers à cause de la possession du cannabis, un homme qui suit ses victimes jusqu‘à leur maison et qui prétend être mécanicien pour avoir accès aux appartements qu’ils volent, les conducteurs ivres et pour qui les contrôles de vitesse sont annoncés trop tard. Il ne m‘est rien arrivé.
Les bars ferment à 2h et les boîtes aux lettres sont vidées toutes en même temps à 16h pendant la semaine et à 12h le week-end. Comment est-ce c’est possible?
Au marché, deux marchands de couteaux coupent des légumes sans arrêt. A la fin de chaque samedi, ils jettent les tomates, les aubergines, les courgettes, les oignons, les carottes et les poivrons qui s‘amassent tous dans un sac noir…
Les vendredis, l‘Etincelle est ouvert et on mange ce qu‘on a récupéré aux supermarchés. On ne commence pas toujours à l‘heure; couper les légumes mets du temps.
A Angers, on m‘a enseigné : manger du pain. Pas “du pain à chaque repas“ comme une campagne française le souhaite mais j‘essaye fortement.
Les patrons du “Sporting” ont trouvé la meilleure recette pour un tabac super! Un mélange entre la simplicité, le pragmatisme et un sens pour le détail. Au premier coup d‘oeil, c‘est un amassement de meubles moches : brun, beige et vert. Mais l‘ambiance est là . Le jeu Rapido et la décoration aux murs, des trophées de sport, en font partie comme le biscuit du café. Le Sporting est ouvert jusqu‘à 2h pendant la semaine. A 6h30, il y attendent déjà les clients pour prendre leur expresso ou leur petit café crème, comme moi. C‘est la routine comme se brosser les dents. Le café est l‘allongement de chez soi. Les mêmes gens au même moment. On n’a pas encore commencé la journée. La règle c’est que les chiens reste nt dehors.
La fête Nationale. Le concert dans le Jardin du Mail était une idylle presque insupportable. A Angers, cette fête commence dès le 13 juillet, l‘orchestre joue, les familles écoutent, le soleil se couche et après, tout le monde se dirige vers a Place du Général Leclerc pour voir la prise d‘ armes et la ministre de la santé devant les drapeaux français. Je suis surprise qu‘on ne chante qu‘une fois la Marseillaise.
La question la plus importante: Qui va me montrer les coins sales quand je reviendrai ?
Paula Voigt


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