Vier Minuten, encore le come-back du ciné allemand at Radio Campus Angers - 103FM

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18 janvier 2008

Vier Minuten, encore le come-back du ciné allemand

L’histoire
Au cÅ“ur du récit, un piano, installé dans le gymnase d’une prison. Et autour de l’instrument, deux femmes que tout semble opposer et qui peu à peu s’apprivoisent : Traude Krüger, qui enseigne la musique depuis 60 ans dans l’établissement carcéral, et Jenny von Loeben, une jeune détenue condamnée pour meurtre, qui est aussi une pianiste virtuose.

4min

Un sujet plutôt classique, qui fait écho à d’autres réalisations telles que De battre mon cœur s’est arrêté (Jacques Audiard, 2005), La Pianiste (Michael Haneke, 2001) ou La leçon de piano (Jane Campion, 1993). Sans réelle originalité, Quatre Minutes reprend les thèmes incontournables du genre : l’opposition entre la dimension quasi-mystique de la musique et l’univers carcéral, synonyme d’emprisonnement, de solitude, de désocialisation ; les relations entre un maître exigeant et son élève surdoué(e) ; la rédemption par la musique. Et se conclut sur la figure obligée, convenue même, du concert triomphal, qui dure, bien entendu, quatre minutes tout juste.

La dimension historiographique
En fait, l’originalité du film se trouve plutôt dans l’évocation très nuancée de l’hitlérisme, dénuée de la culpabilité qui pesait encore sur les épaules de la précédente génération de cinéastes. « Il y a vingt ans, un personnage comme Traude Krüger n’aurait pas été possible, reconnaît Chris Kraus, elle n’aurait été que négative. Aujourd’hui, on peut évoquer l’ambivalence de son personnage. » A savoir : une lesbienne qui a vu son amante assassinée par les nazis, mais une vieille femme toujours imprégnée par les diktats esthétiques et artistiques du régime hitlérien.

Violence, musique et sentiments
La violence est omniprésente dans le film, bien entendu à travers la représentation très réaliste de l’univers carcéral, mais aussi avec les flash-backs qui restituent peu à peu le passé de Traude Krüger. Seule la musique, en contre-point de l’univers carcéral, parvient rompre les tensions insupportables qui sous-tendent le film. Finalement, la violence confère un éclairage nouveau à des morceaux connus de musique classique et leur redonne toute leur puissance originelle. Pour certains, une véritable découverte…
Enfin, s’il le fallait encore, les interprétations magistrales des deux actrices principales, Monika Bleibtreu et Hannah Herzsprung, parviennent à sauver le film, tant elle sont convaincantes dans l’incarnation de ce duel psychologique, que d’aucuns jugeront pourtant trop pathétique.

Quatre Minutes, de Chris KRAUS, janvier 2008, 1h52.

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