Monster Mike Welch est sans doute l’un des guitaristes de blues les plus renommés de Boston. A seulement 28 ans, il fait preuve d’une maturité déconcertante et d’un feeling qui n’a rien à envier aux plus grands. Les DJs de The Blues Riff, épaulés par leur traductrice Miss Sophie, sont allé à sa rencontre le 8 mars dernier au Terri’Thouars Blues festival pour près d’une demi heure d’interview et un concert fabuleux !!

THE BLUES RIFF : Monster Mike Welch, il est possible de vous entendre au sein de différentes formation, pouvez-vous nous les citer ?
Monster Mike Welch : J’ai en effet plusieurs groupes. Lorsque je suis chez moi, aux Etats-Unis, je joue habituellement avec mon propre trio, le Monster Mike Welch Band. En revanche, lorsque je suis à l’étranger, j’ai l’habitude de jouer avec une autre formation. Aujourd’hui, je suis accompagné du groupe hollandais “The Backbones”. Je joue également en compagnie de Sugar Ray and the Bluetones ou de Darrell Nulisch.
TBR : Vous avez commencé à jouer très jeune ?
Monster Mike Welch : Oui, j’ai commencé à l’âge de 8 ans, ce qui veut dire que je joue maintenant depuis près de 20 ans ! Dès que j’ai commencé à jouer, j’ai su que c’était ça que je voulais faire : jouer tout le temps, toujours. Je ne me préoccupais pas de savoir si je pourrais en vivre, je voulais simplement jouer !! Monter sur scène, prendre ma guitare et jouer devant un public, c’est tout ce qu’il me fallait ! J’ai toujours voulu jouer devant un public.
TBR : Qu’est ce qui vous a attiré vers le blues ?
Monster Mike Welch : J’ai commencé par les Beatles vous savez. C’était, et ils sont encore, mon groupe préféré ! Des Beatles, je suis remonté vers les Rolling Stones puis les guitar heroes que sont Jimi Hendrix, Eric Clapton… Grâce à eux, j’ai ensuite découvert Freddie King, Buddy Guy, BB King et tant d’autres. C’était cette musique là qui me parlait le plus.
TBR : Avez-vous eu l’occasion de partager la scène avec quelques grands bluesmen ?
Monster Mike Welch : Oui, j’ai été très chanceux. A même pas 15 ans, j’ai eu l’opportunité de jouer avec des grands du blues, qui plus est ceux dont j’étais fan : Junior Wells, James Cotton, Hubert Sumlin, Johnny Copeland… J’ai aussi joué avec The Blues Brothers Band. C’est eux qui m’ont donné ce surnom de “Monster Mike” car il me fallait toujours l’autorisation de mes parents pour que je puisse jouer à certaines heures tardives. Vous savez, j’ai beaucoup de respect pour ces artistes. Je ne suis jamais monté sur scène avec la volonté de les impressionner, du style “regardez tout ce que je sais faire !”. Ces gars ont vu des milliers de guitaristes, et des meilleurs que moi. Je n’ai jamais voulu monter sur scène avec un tel esprit, ça aurait été pour moi leur manquer de respect.

TBR : Avez-vous déjà eu l’occasion de jouer avec votre idole BB King ?
Monster Mike Welch : Non mais j’ai eu le privilège de le rencontrer et de discuter longuement avec lui. Il savait que j’étais musiciens, mais il ne savait pas qui j’étais et ça lui importait peu. Nous avons discuté ensemble pendant près d’une heure. C’est probablement le guitariste qui m’a le plus influencé. Vous savez, je pense que si j’avais l’occasion de jouer avec lui, je jouerais très peu. Parce que je voudrais l’entendre jouer, tout simplement. Je jouerais le moins possible pour l’entendre le plus longtemps possible !!! Si j’ai la chance de jouer avec BB King, ce serais super, mais ça le serais aussi avec n’importe quel autre musicien. Je suis heureux d’avoir pu jouer et de jouer encore avec quelques uns des plus grands bluesmen. A chaque fois que je suis avec ces musiciens, il y a une connexion entre nous. Ils jouent quelques notes, je les entends et je leur réponds. Il y a quelque chose de très beau à communiquer entre musiciens. Et c’est ce qui à mon avis fait sonner le blues ! Tout simplement parce que tous le monde s’écoute mutuellement et ressent ainsi les émotions, les “good vibes”. Le blues pour moi doit raconter une histoire. BB King en est le meilleur exemple parce qu’il raconte toujours une histoire à son public. Et lorsqu’il chante, c’est avec sa guitare qu’il nous raconte une histoire. Quand il joue, il nous parle. Il essaie de nous dire ce qu’il ressent. Et quand vous jouer avec d’autres musiciens, vous devez écouter leur histoire et poser les bonnes questions.
TBR : Que pensez-vous du blues aujourd’hui ? Est-il mort ou se renouvelle-t-il ?
Monster Mike Welch : La musique ne meurt pas. C’est le business qui est en train de mourir. Il n’y a jamais eu autant de musiciens de blues ! Alors peut-être que dans les années 50 à Chicago il y en avait plus, mais il n’y a jamais eu autant de bluesmen partout dans le monde, tous pays confondus. Alors non, le blues n’est pas mort, il ne s’est d’ailleurs jamais aussi bien porté ! En revanche, c’est vrai qu’il est très difficile d’en vivre. Même si on joue pour le plaisir et non pour l’argent, nous avons quand même besoin de manger. Et nous avons tous besoin des musiciens, tout simplement parce que la musique est excellente pour le moral, pour la santé : elle est saine !
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