Je n’aurais pas pu trouver de meilleure occasion de débuter mon séjour à Angers que les Ateliers d’Angers 2008, organisés par l’association Premiers Plans et sous la direction artistique de Jeanne Moreau.
Les cinéphiles peuvent y profiter de nombreux événements qui sont appréciés par un public pas large mais plus sensible, donc forcément plus attentif aux oeuvres des cinéastes célèbres aussi bien que débutants.
L’inscription préalable comme auditeur libre permet à chacun de suivre gratuitement une partie des Ateliers, ainsi que les projections et les Master Class du matin et les projections publiques le soir.
Le positionnement des Ateliers d’Angers n’inclut pas le cinéma américain et se distingue expressément des films réalisés à l’aide d’une “recette pour plaire au monde entier”, comme le dirait Nachiketas Wignesan, animateur de l’émission de cinéma <<Les Désaxés>> sur Radio Libertaire.
On se demande ainsi pourquoi les discussions en présence bien sûr des professionnels, réalisateurs, auteurs, acteurs, entre autres, sont nommées <<Master Class>> et pas e.g. <<cours de renseignement>>.
Mais en tous cas, c’est une semaine, un marathon nonchalant, qui donne la possibilité de s’approcher du cinéma français.
Jacques Doillon explique au public que le travail d’un réalisateur, d’un <<metteur en scène>> ne marche pas comme ça. Il demande à Hélène Louvard, directrice de la photographie de ses films <<Au Premier Venu>> (2007) et << Raja>> (2003), de créer des images les plus simples, sans aucun artifice. “C’est la force physique et mentale des acteurs qui tricote les personnages et pas le mouvement de la caméra, la technique ne doit pas déranger les acteurs”.
Tout ceci est de la théorie, formulée par le réalisateur en phrases vite articulées mais dites à voix basse. Même s’il ne sait pas bien tenir le micro, Jacques Doillon n’a pas besoin de lutter pour obtenir l’attention du public, chacun dans la salle attend chacun de ses mots.

<<Money of the night never sees the day.>>
<<Quand elle a besoin d’argent, elle reviendra.>>
Jacques Doillon n’est plus metteur en scène de ce mélange entre les relations commerciales, la sexualité, l’affection et l’amour au Maroc. Le film developpe une ambiguïté qui est violente pour ses personnages aussi bien que pour le spectateur. Pas possible de s’en débarrasser.
Au regard des discussions qui encadrent ces projections, on a une idée floue de ce qui constitue un haut collège, l’élite du milieu du cinéma mais qui a tendance à disparaître, à savoir le film français, façon “vieille école” et non pas commercial.
A Angers, on s’ouvre à un public qui se recrute quand même dans les générations différentes. Pourquoi plus de personnes n’y viennent-elles pas ?
Paula.





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