Alain Resnais au… Premier Plan at Radio Campus Angers - 103FM

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19 janvier 2008

Alain Resnais au… Premier Plan

Pour sa 20ème édition, le festival Premiers Plans consacre une rétrospective intégrale à Alain Resnais : l’occasion pour nous de présenter ce réalisateur hors normes, et sans doute de le faire découvrir à une génération qui le connaît souvent peu ou mal.

Une carrière précoce
Né en 1922, Alain Resnais reçoit sa première caméra à l’âge de 12 ans et produit son premier film, une adaptation de Fantomas, à 14 ans. Son univers est largement influencé par ses lectures (BD et littérature) et par sa passion pour la photo.
En 1943, il renonce à sa vocation de libraire et intègre la première promotion de l’IDHEC (Institut des hautes études cinématographiques), section montage. Une formation qui continue bien entendu d’imprégner son travail, puisque les films de Resnais reposent sur une narration plurielle, avec un montage qui juxtapose différents espaces et temps.

La phase “documentaire”
La carrière de réalisateur de Resnais débute véritablement en 1948, avec Van Gogh, court-métrage documentaire. Un genre auquel il s’est exclusivement réservé, pendant les dix années suivantes, avec des thèmes graves (Guernica ou Nuit et Brouillard, qui obtient le Prix Jean-Vigo en 1956 et reste une référence sur la déportation) ou légers (visite des usines Péchiney).
De cette période, Resnais conserve le goût de la documentation minutieuse et fouillée, un amour porté au détail. Par exemple, des fiches biographiques de chaque personnage sont fournies aux acteurs, qui leur permettent d’approfondir leur jeu.

Les premiers films de fiction et la “Nouvelle Vague” du cinéma
Hiroshima mon amour (1959) et L’année dernière à Marienbad (1961), écrits respectivement par Marguerite Duras et Alain Robbe-Grillet, deux écrivains emblématiques du « Nouveau Roman ».

« Nouveau roman » et « Nouvelle Vague »
Ces deux mouvements artistiques contemporains s’inscrivent dans une même logique de rejet de la tradition et de remise en cause des genres traditionnels. Les jeunes cinéphiles tels que Godard, Truffaut, Rivette, Valcroze, etc. aspiraient à une vie plus libre, sans convention. Alors que le cinéma de cette époque était dépourvu de créativité et se contentait d’être un simple support au roman, ils réinstaurent le cinéma d’auteur en revoyant tous les fondements du cinéma.

Un art engagé ?
Comme la plupart des intellectuels de l’après seconde guerre mondiale, Alain Resnais s’ancre plutôt à gauche, mais en gardant toujours un grand sens critique et sa liberté de parole. Toutefois, il renonce progressivement aux messages explicites dans ses films, surtout après les critiques de Stavisky.

“Il n’a de mépris pour aucun genre” (Sabine Azéma)
La filmographie d’Alain Resnais très variée, elle comprend de la science-fiction (Je t’aime, je t’aime, 1968) ; Mélo (1986) dans le style du théâtre de boulevard ; I want to go home (1989) inspiré de l’univers de la bande dessinée, ou encore des comédies musicales ou opérettes, Pas sur la bouche (2003) et Coeurs (2006).
Au total, 19 longs-métrages et 13 courts-métrages, sur quelques 60 ans de carrière, que le Festival Premiers Plans vous propose de découvrir ou de redécouvrir.

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