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17 novembre 2008

Interview de Pete Philly & Perquisite le 8/11/08 au festival Les Z’Eclectiques

Radio Campus Angers : Pouvez-vous présenter votre groupe et votre musique ?

Pete Philly : On s’appelle Pete Philly & Perquisite. Le groupe est juste constituĂ© de Perquisite et de moi-mĂŞme. Je suis vocaliste-rappeur et j’Ă©cris les paroles des chansons. Perquisite est le compositeur.

Quelles sont vos influences majeures ?

Perquisite : Nos influences majeures viennent du hip hop car nous sommes un groupe de hip hop mais le jazz est aussi important, comme la soul, la world music, la musique classique. En fait, on essaie de mĂ©langer diffĂ©rents styles de musique avec le hip hop. Le hip hop est la base de ce que l’on fait mais sur scène on joue avec trois musiciens de jazz donc on est souvent Ă  la marge.

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Tu joues du violoncelle, c’est ça ?

P : Sur scène je joue du violoncelle et je fais les beats avec mon pied gauche.

Comment travaillez-vous en studio et est-ce différent sur scène ?

P : Oui, en studio tu crĂ©es une musique nouvelle et sur scène tu reproduis les accords, c’est une grande diffĂ©rence. On essaie de jouer freestyle sur scène. C’est un processus totalement diffĂ©rent de crĂ©er de la musique et de la jouer en live. Les deux ont des aspects sympas.

Pendant le concert vous avez parlĂ© du SaĂŻan Supa Crew et vous disiez que vous Ă©tiez amis…

PP : Oui, spĂ©cialement Fefe et Leeroy. Fefe est un bon ami Ă  moi. On a fait leur première partie pendant une tournĂ©e europĂ©enne et c’est comme ça qu’on s’est rencontrĂ©.

Connaissez-vous d’autres groupes de rap français ?

P : On aime bien Oxmo Puccino, Leeroy, Wax Tailor…

PP : Wax Tailor m’a demandĂ© de faire quelque chose sur son album.

Ce soir il y a beaucoup de groupes de hip hop. Connaissez-vous Nouvel R ?

PP : On connait Hocus Pocus mais pas Nouvel R. On les a juste croisés.

Avez-vous envie de travailler avec des artistes français ?

P : Oui, en fait on a dĂ©jĂ  enregistrĂ© un titre avec Leeroy. Pete l’a dit sur scène, mais je pense que la scène hip hop française est vraiment dynamique et cool ; beaucoup de groupes français font progresser le hip hop, contrairement Ă  la scène amĂ©ricaine. Les choses les plus crĂ©atives viennent d’Europe et de France.

Vous tournez en France, votre tournée continue-t-elle en Europe ?

PP : On vient de passer en Suisse, en Autriche, en Allemagne. On est d’Amsterdam donc on fait beaucoup de concerts aux Pays-Bas. Après la France, on part en Scandinavie. On a fait des festivals en Europe de l’Est et une tournĂ©e au Japon.

Est-ce que vous rĂŞvez de jouer aux Etats-Unis ?

PP : On a jouĂ© Ă  Los Angeles. Mais il y a tellement de lieux sur lesquels on pourrait se projeter. Ca dĂ©pend aussi de la maison de disques. En ce moment on a dĂ©cidĂ© de se concentrer sur l’Europe et le Japon. Les Etats-Unis, ça serait cool.

Pouvez-vous dire un mot aux étudiants qui écoutent Radio Campus ?

PP : Faites votre truc. Soyez créatifs.

En français ?

P : Bonjour. C’est trop gĂ©nial de jouer en France. Mon français est très mauvais. Excusez-moi.

Merci beaucoup.

(interview et traduction : Bastino)


25 août 2008

Interview: Manu Théron, Lo Còr de la Plana

 

Radio Campus Angers: Comment vous vous êtes tous rencontrés ?

Manu Théron: On s’est rencontré…euh, ben, non, pas dans les douches… au bar. On s’est rencontré au bar. Un bar-pizzeria qui se trouve au Rove qui s’appelle Chez Marco… voilà. Curieusement je me suis retrouvé là engagé comme pizzaïole, et il se trouvait que plusieurs des musiciens étaient originaires du Rove, de la montagne qui est juste à côté. La civilisation, en gros, pastorale est encore très développée dans le sud de la France, les bergers viennent boire le coup encore dans les bars, et tu as eu ces jeunes gens qui étaient… tu sais un peu chevillés… chantaient avec des voix… agrestes, et d’une pureté assez séduisante, et donc, ils m’ont convaincu d’arrêter de noyer mon énergie dans la farine. Et donc j’ai décroché, j’ai réussi à décrocher au bout d’un certain nombre de cures… et on a pu, enfin, composer cette… congloméra, on va dire, et ça s’appelle Lo còr de la plana.

Et on vient, sinon du quartier de La Plaine, Ă  Marseille, qui est un quartier qui est situĂ© en hauteur, comme son nom n’indique pas… c’est un quartier de la mĂ©sentente, de la mĂ©salliance occitano-française, c’est-Ă -dire que…en Occitan, effectivement, « lo plana », ça veut dire la hauteur. L’altiplano, par exemple, en espagnol, est de la mĂŞme origine Ă©tymologique, mais les français, dans leur immense ignorance, disent « lo plana » ça ne peut vouloir dire que « la plaine », et donc ce quartier qui est situĂ© sur un plateau Ă  hauteur Ă  Marseille, s’est retrouvĂ© affublĂ© d’un nom qui l’aurait plutĂ´t confinĂ© Ă  la froidure et au repli vallonné… ce qui n’est pas le cas, puisque… effectivement c’est un quartier extrĂŞmement ensoleillĂ©.

RCA: Comment expliquer votre musique Ă  nos auditeurs qui ne la connaissent pas du tout ?

MT: C’est de la musique vocale et percussive, où parfois la percussion est en polyphonie et les voix en polyrythmie, ce qui est… musicalement, mais maintenant du point de vue de l’esprit : c’est détendu, et à la fois, extrêmement tendu, voilà, ça marche sur des périodes de tension et de détente qui ne sont pas réglés comme de la musique conventionnelle, c’est-à-dire : « respiration, tension, détente ; respiration, tension, détente » ; mais qui marche à l’inverse de ça, c’est « respiration, respiration, respiration ; détente, détente, détente ; tension, tension, tension », par exemple. Donc on est dans quelque chose de complètement différent, de l’énergie musicale conventionnelle, est c’est pour ça qu’on intrigue. On intrigue un peu les programmateurs, comme Didier [Granet, directeur artistique du festival Angers l’été] par exemple. Ils sont très intrigués pour voir si on va tenir… on avait même vu des programmateurs qui nous ont dit d’arrêter la balance, et qui, t’as vu, disaient, « Vous tiendrez pas la distance pendant le concert », et en fait, les gens sont extrêmement… extrêmement… comment dire… méfiants, et mal intentionnés. Et donc on est un peu là pour les tromper, pour les détromper… voilà notre musique.

RCA: Est-ce que vous parlez Occitan chez vous et entre vous pendant les répétitions ?

MT: Ca dépend… oui, quand on est en colère, ou alors quand on a vraiment envie de rigoler, oui on parle Occitan, ou quand on a envie que les gens pourris comprennent pas, on parle Occitan.

RCA: Quels sont les thèmes principaux de vos chansons ?

MT: Les thèmes… plutôt philosophico-rigolo, on va dire. On parle grosso modo de la vie qu’on mène, et pourquoi on la mène comme ça, et de la vie qu’on aimerait mener aussi… d’espoir, on parle aussi beaucoup d’espoir, et puis on parle aussi de… pas trop de désespoir, on est pas trop dans l’énonciation de nos douleurs, on va dire.

RCA: Est-ce que vous répétez souvent pour arriver à être tous les six en accord toujours ?

 

MT: Oui, on répète assez souvent, bien que là depuis deux mois qu’on tourne intensément, on répète moins. Nous, on répète très souvent, effectivement, et on essaie d’avoir un rythme de répétition pour maintenir… déjà, rien que pour maintenir le niveau il faut répéter beaucoup, mais en plus pour progresser et continuer à aller de l’avant, il faut répéter encore plus. Donc on essaie de se tenir vraiment à cet objectif, parce que c’est notre métier.

RCA: Quand vous commencez à chanter une nouvelle chanson en groupe, vous improvisez les harmonies, ou est-ce que quelqu’un les écrit en partition en avance ?

MT: On fonctionne sur des techniques de transmission orale, donc on n’a pas d’écrit avant. Sur beaucoup de chansons, moi, je propose les grilles harmoniques, en faisant une proposition artistique, ou met en avant, pas trop justement le cadre harmonique mais plutĂ´t tout ce qui se passe au niveau du contrepoint. Parce que c’est le plus gros du travail de chĹ“ur qu’on a dans ce groupe, c’est le travail de contrepoint. Donc j’essaie vraiment de dĂ©velopper ça, c’est-Ă -dire tout ce qui met en jeu la rythmique textuelle, la prosodie… tout ce qui met en jeu les mĂ©canismes de la poĂ©tique. Ces mĂ©canismes lĂ  c’est des mĂ©canismes qui pour moi se rapprochent Ă©normĂ©ment de ce qui doit se passer au 21ième siècle. Avec des textes en Occitan, on arrive Ă  un siècle oĂą quand mĂŞme au niveau de la poĂ©sie c’est passĂ© beaucoup de choses, on a eu la poĂ©sie sonore dans les annĂ©es 60, on a eu le dada, on a eu le structuralisme, on a eu quand mĂŞme l’oulipo, on a eu des gens comme ça qui ont mis en avant sur le texte beaucoup de propositions rythmiques, et on essaie aussi de les intĂ©grer, de faire qu’elles intègrent la proposition musicale pour ĂŞtre des gens qui soient pas dans l’énoncĂ© d’une retranscription ou d’une rĂ©novation d’un patrimoine occitan, pour lequel on a Ă©normĂ©ment d’affection, par ailleurs, mais par lequel on n’est pas forcĂ©ment constituĂ©s, pour la plupart d’entre nous.

C’est-à-dire qu’on est des gens qui sont avec des influences très multiples : il y a beaucoup de gens qui ont grandi dans le reggae, dans le rock, le blues, dans la musique électrique, dans toutes les musiques électriques mais aussi dans le hard et il y en a… dans la musique tzigane, et cetera, donc tout le monde a des influences d’aujourd’hui, on va dire, mais essaie de gérer ces influences-là avec la réalité, aussi de ce qu’on veut faire au niveau de la langue occitane et de la création en Occitan.

RCA: Est-ce que vous avez étudié la musique classique et le solfège ?

MT: Personnellement, moi, petit, je l’ai fait, mais je ne suis pas pris d’une immense affection pour ce type de choses, j’ai arrêté vite… j’ai commencé le piano à six ans, j’ai arrêté à quatorze ans. Ensuite… Sébastien a étudié la musique classique et Denis a étudié la musique classique. Alors il y en a trois d’entre nous qui peuvent écrire… mais on a décidé de se baser sur la musique de transmission orale, sur des techniques de transmission orale, des techniques qui engagent, en fait, tous les mécanismes mimétiques. Tout ce qui met en jeu la mimétique, et la mémoire du geste, et la mémoire du corps.

RCA: Est-ce que vous vous intéressez aussi dans la danse traditionnelle occitane ?

MT: Absolument pas. C’est pas parce qu’on ne s’y intéresse pas, c’est pas qu’on aime pas, mais on n’a pas le temps de tout faire. Un groupe de danse occitane, ça joue pour des bals folks, on va dire, pour des gens qui veulent que les danses soient toutes faites, d’une façon et pas d’une autre : une chose tout à fait légitime, mais on n’est pas dans cette psycho-là. On oublie jamais qu’on est d’une… on va dire d’une mégalopole française qui a évacué de sa culture tout cet aspect-là, pour des bonnes raisons et pour des mauvaises… et il faut travailler avec le présent, et dans le présent actuel il n’y a pas ce côté-là… et c’est pourtant un côté qu’on aime bien. Il arrive dans la musique, dans des citations. On le cite, ce côté danse, on le cite. Même si le spectacle s’appelle chant à danser, le gros du spectacle ne repose pas sur cette proposition-là.

RCA: La musique maghrébine vous a beaucoup influencés ?

MT: C’est pas une influence… c’est-Ă -dire c’est pas… on va dire qu’elle nous a irriguĂ©s. Mais pas tous. Parallèlement cette expĂ©rience et une autre expĂ©rience que j’avais avant musicale, un autre projet, j’ai toujours travaillĂ© avec des musiciens algĂ©riens, en AlgĂ©rie, puis j’ai grandi une partie de ma jeunesse en AlgĂ©rie, donc, effectivement, des influences il y en a, mais il y a surtout… une comprĂ©hension de ce que peut ĂŞtre une Ă©nergie spirituelle dans la musique : qu’est-ce que c’est qu’une Ă©nergie spirituelle, et comment on peut la gĂ©rer dans une proposition musicale, et qu’est-ce qu’on met en jeu du corps, qu’est-ce qu’on met en jeu de son implication, et de son abandon, comment on s’abandonne grâce Ă  la musique. Ce qu’on note, nous en tant qu’Occidentaux, c’est que… on a besoin d’énormĂ©ment de cadres pour aboutir Ă  Ă©normĂ©ment d’abandon. Mais je pense que c’est une loi universelle. Et donc les cadres sont très prĂ©sents chez nous. C’est une musique qui est basĂ© sur Ă©normĂ©ment de repères de prĂ©cision, de rendez-vous harmoniques ou rythmiques très prĂ©cis, qui sont autant de cadres… et de corsets. Le dĂ©passement de ces cadres-lĂ  permet un abandon d’autant plus grand que ces cadres sont stricts et observĂ©s.

RCA: Entre la mélodie, les paroles et le rythme, lequel diriez-vous est le plus important ?

MT: Aucun. Entre le ciel, la mer et la terre, lequel est le plus important ?

RCA: Pour que la voix reste en forme, est-ce qu’il faut éviter de trop faire la fête, par exemple de boire ou de fumer ?

MT: Non. Pour que la voix reste en forme… pour que la voix est toujours une forme de voix, quel que soit son degré d’éraillement, il y a toujours une être humaine qui l’habite.

RCA: Est-ce que vous pensez qu’il est important que la musique traditionnelle continue toujours à évoluer ?

MT: La tradition…… ça n’existe pas. La musique traditionnelle, c’est comme les musiques du monde, c’est un grand « tralala », c’est un gros machin… malheureusement ça n’est ni une bite ni autre chose, ce n’est qu’un gros machin. Et… voilĂ . Tout ça c’est du verbiage, beaucoup. C’est-Ă -dire… oui, il y a des cases, oui, il y a des genres… un musicien, il s’en occupe jamais. C’est plutĂ´t la question Ă  poser Ă  des critiques, ça.

RCA: Quels projets et idées avez-vous pour l’avenir ?

MT: Là on est sur un projet de chant politique, dont on a délivré les premiers extraits ce soir en fin de spectacle. C’est un projet de chant politique où on va un peu raconter… non pas l’histoire de l’Occitanie politique, mais l’histoire de l’engagement politique à travers la musique. Et qu’est-ce que c’est qu’un engagement politique, et comment une musique, qui n’a l’air de rien, qui n’a pas l’air d’être engagé ou quoi, comment une musique est un engagement politique. C’est pour rassurer les gens, et pour leur faire comprendre qu’il faut pas avoir peur. Parce que les gens vivent beaucoup dans la peur, surtout au niveau politique, il vivent par la peur et dans la peur, et donc, disons, l’aboutissement de ce spectacle, ça serait qu’effectivement, il fasse comprendre aux jeunes que, comme le disait très bien Jean-Paul II, il faut… n’ayez pas peur, quoi. Voilà : n’ayez pas peur. Et, comme beaucoup de nos politiciens marchent à la peur, il faut… qu’on arrive à contrer ce phénomène-là, en disant non… la nature nous a fait effectivement, peut-être un peu bestiaux, mais la société nous rend citoyens, et elle nous apprend à dominer nos peurs, et si on fonctionne à la peur, on ne va plus dans un ordre sociale, on va dans un ordre bestial, et dans une délivrance de la bestialité, il faut aller contre ça. Quel que soit, après, l’engagement qu’on fait. Le plus gros du travail, ça va être de faire que ça soit la musique, tout ça, voilà.

RCA: Est-ce que vous avez un dernier mot pour les auditeurs de Radio Campus Angers ?

MT: Je pense… je pense que… vous devriez développer la crasse. C’est tout ce que j’ai à dire.

Maisie Greenwood

22 août 2008

Rigolus Interview

Radio Campus Angers: Comment définez- vous votre musique?
Rigolus: Euh… J’en sais rien du tout, il faut venir ce soir.

RCA: Sur votre myspace, la description dit “glam / melodramatic popular song / surf”. Est-ce que vous faites du surf?
R: Du vrai surf? Sur les vagues, avec l’Ă©cume et tout? Non. J’ai essayĂ©, mais… ça c’est fini assez… dramatiquement.

RCA: Est-ce qu vous êtes mélodramatique comme personne?
R: Complètement, oui, surtout notre musique. On s’inspire de plein, plein de musiques diffĂ©rentes, c’est très mĂ©langĂ©: le surf musique, mais aussi des tubes des annĂ©es 80, et voilĂ , notre adolescence, de la musique classique, de jazz, de reggae, de musique electronique, il y a pleinpleinplein de choses dans nos influences.

RCA: Qu’est-ce que les “Rigolettes” apportent Ă  votre musique?
R: Des seins… des beaux yeux… Ă  part ça tu vois, vraiment pas… Non, ben, des coeurs magnifiques… trois formidables chanteuses: Loucresse, Carine et Marie, voilĂ , qui viennent chanter de temps en temps avec nous.

RCA: D’oĂą vient le nom Rigolus?
R: D’une grosse erreur de beuverie (rire). On le regrette beaucoup.

RCA: Vous l’avez trouvĂ© oĂą?
R: Je sais plus, dans une poubelle (rire).

RCA: D’oĂą est venu l’inspiration pour votre chanson “Finger in the Freezer”?
R: D’une histoire vraie, d’un cambrioleur qui est venu chez moi, Ă  qui j’ai dĂ» couper un doigt pour qu’il arrĂŞte de me voler des…
Non, non, c’est rien du tout, ça vient de… je peux pas vraiment dire pour la radio, c’est… c’est un hommage Ă  mon ex-compagne, les amateurs de mots croisĂ©s, comprendrons.

RCA: Votre music est vraiment de la music à danser, mais ce soir les places sont assises. Comment allez vous encourager le public à descendre devant la scène et danser?
R: C’est-Ă -dire qu’on est en train de faire un brĂ»lage de tout… de tous les sièges lĂ , en ce moment mĂŞme, donc… d’ici vingt-et-une heures toute la salle devrait ĂŞtre en cendres, donc tout le monde pourra se tenir debout… avec un masque.

RCA: Comment avez vous commencé votre carrière musicale?
R: L’opĂ©ra de New York, puis euh… celui de Los Angeles oĂą j’ai chantĂ© avec Pavarotti, avec Piña Colada, avec l’Oiseau Bleu, Ă  Paris…
Ben, on a commencĂ© Ă … j’ai pas… faire la musique, comme tout le monde, et on continue comme tout le monde, essayant de faire ça comme une passion, comme un mĂ©tier, comme quelque chose comme un grand amour, qu’on doit entretenir, tous les jours.

RCA: Quel style de vêtements aimez-vous porter sur scène?
R: De la peau, exclusivement de la peau humaine, qui m’est propre, hein, c’est-Ă -dire que je suis nu. J’ai un micro-pĂ©nis, donc ça me pose heureusement aucun problème de dĂ©ontologie.

RCA: Quels projets avez-vous pour l’avenir?
R: Mourir… le plus calmement possible (rire).

RCA: Qu’est-ce qui vous rend “Tristus” dans la vie?
R
: Rigolus (rire). Oui, ce qu’on fait, c’est vraiment de la merde, mais venez quand mĂŞme, vĂ©rifier par vous-mĂŞmes ce soir.
Nous on Ă©tait pas au courant, en fait, de cette BD, alors, c’est de la culture crasse, mais… voilĂ  on a dĂ©couvert après qu’il y avait effectivement une BD qui s’appèlle “Les Rigolus et les Tristus” donc encore une fois, on regrette ce nom, qui est un petit peu potache, comme ça, mais bon, on doit l’ĂŞtre quand mĂŞme (rire).

RCA
: Est-ce que vous avez un dernier mot pour les auditeurs de Radio Campus Angers?
R: ArrĂŞtez les Ă©tudes, arrĂŞtez tout, il y a pas de boulot (rire) … Foutez le feu partout, et… je sais pas… faites… des enfants pas trop cons.

 

Maisie Greenwood

19 août 2008, Théâtre Chanzy, Angers

1 août 2008

Interview : MELINGO, artiste du TANGO argentin

Maisie : A première vue, qu’est-ce que vous pensez d’Angers ?
Daniel Melingo : C’est la première fois qu’on joue ici à Angers… On vient de jouer pendant toute la semaine au festival « Quartiers d’été » à Paris, dans des parcs et des jardins… ça, c’était la semaine dernière, du lundi au jeudi, et vendredi on est allé jouer à Berlin aussi … on fait plusieurs festivals pendant l’été, on vient de jouer à Bruges, et voilà, on est content de jouer ici ce soir à Angers.

M : Votre musique, est-elle bien reçue en France en général ?
D : Oui, en fait ici je le vois comme mon deuxième « chez moi », mon deuxième public, parce qu’ici comme à Buenos Aires, on a fait une large trajectoire dans la culture du tango, et vraiment, on est toujours bien reçu par les Français.

M : Pensez-vous qu’apprendre d’abord la musique classique est la meilleure façon de devenir un bon musicien ?
D : C’est une des techniques qui est peut-être la plus complète en ce qui concerne les instruments, l’harmonie… bien moi, mon éducation musicale était dans une conservatoire de musique classique, et après je suis passé par le rock… pour arriver maintenant au tango. Il y a dix ans j’ai étudié la chanson lyrique mais j’ai toujours continué à jouer des instruments : le saxo, la clarinette, la guitare, le piano… mais bon, ça fait douze ans que je chante des tangos dont moi j’ai écrit les paroles, et réellement, la technique est très importante à l’heure de l’interprétation.

M : Quel est le plus important : les paroles ou les mélodies ?
D : Ben, c’est une question de… à travers la musique, communiquer un message, une histoire, mais, on dira que la vedette, c’est la musique.

M : Vous chantez les poèmes anciens – vous écrivez aussi des poèmes et les paroles pour vos chansons ?
D : Oui. J’écris la musique pour toutes les chansons, et une partie des paroles, mais j’en prends souvent des poètes du lunfardo, les poètes du tango, poètes anciens, du début du vingtième siècle et jusqu’à nos jours…

M : La poésie moderne de Buenos Aires, ça vous intéresse ?
D : La poĂ©sie que j’essaie de rĂ©cupĂ©rer est une poĂ©sie atemporelle, comme le tango, comme je considère, comme je sens le tango. La poĂ©sie moderne est, pour moi, ne pas crĂ©er une frontière entre la poĂ©sie actuelle et la poĂ©sie ancienne. Je tente de transmettre mes sentiments avec ce grand style qu’ est le tango.

M : Vous utilisez la langue du lunfardo dans votre musique. D’où vient cette langue est que représente-t-elle de nos jours ?
D : La langue du lunfardo c’est une espèce de langue littéraire, dans laquelle on écrit le tango. On dit qu’elle vient de la langue des prisons, qui est alors devenue la langue familière, la langue de la rue, et enfin s’est transformé, il y a déjà très longtemps, en langue littéraire pour écrire le tango.

M : Avec votre interprétation du tango, est-ce que vous cherchez à attirer l’attention des jeunes de la nouvelle génération vers le tango ?
D : Je veux que le tango n’ait pas de frontières. J’essaie de mélanger, à travers le tango, le passé et le présent Je n’ai ciblé aucun public, aucun âge spécifique… Il n’y a pas de discrimination d’âge, et la musique est ouverte pour la satisfaction et l’émotion de tous ceux qui écoutent le tango, qui veuillent le danser ou le chanter.

M : Quel rôle joue le tango dans la société contemporaine argentine ?
D : C’est la musique qui nous représente en tant qu’Argentins, surtout les Porteños [les Buenos Airiens].

M : Je vais aller en Argentine en octobre pour y passer trois mois : quels conseils pouvez-vous me donner ?
D : Bon, il existe une sorte d’ « underground », un monde souterrain, à Buenos Aires et dans le tango, qui n’est peut-être pas forcément visible aux visiteurs, mais c’est un monde qui vaut la peine de chercher, rencontrer.

M : Vous avez un dernier mot pour les auditeurs de Radio Campus Angers ?
D : Bien, que vous sachiez que le tango, sans aucun préjugé, est pour danser, pour chanter, pour s’amuser, pour aimer, fondamentalement pour émouvoir.

M : Voulez-vous vivre 103 ?
D : On peut vivre 103 tangos par jour, sans se faire mal, c’est mĂŞme l’effet inverse!

Interview et traduction par Maisie Greenwood, 31/07/2008

21 juillet 2008

Zita Swoon n’est qu’un son

Selon le programme du festival Angers l’Ă©tĂ©, Zita Swoon est un groupe qui promet une fois en plus une soirĂ©e Ă©nergique. Ce sont des artistes qui ne se laissent pas limiter par des catĂ©gories de musique. Si quand mĂŞme on essaye de faire un classement ça seraient le rock, le pop, le soul. Mais la dĂ©finition est superflue et c’est mieux d’y arriver au concert sans attente. Les annonces du programme se ressemblent de toute façon.

Il est bien de voir et d’Ă©couter Eva Thiesla, Kapinga Gysel et Stef Kamil Carlens, ce qu’ils disent vaut Ă©galement pour tous car il n’y existe aucun point de vue qui depend au sexe. La musique devient universelle, plus par ses sons que par ses textes qui de temps en temps ont l’air simple. De quoi a besoin l’amour?/ La pub prĂ©sente des solutions/ A moitiĂ© prix et compètement con/ J’avance sans but je ne m’arrĂŞte jamais/ Je ourne en rond sans calme sans paix/ Je refais ce parcours idiot (A quoi a besoin l’amour)

La groupe fonctionne bien, les musicens bougent avec des ondes de leur rythme.

Les voix des filles sont sonores/ obscures/ chaleureux. Le pianiste Joris Caluwaerts tire le mieux de son instrument. I caresse les claviers, change rapidement la place de l’un Ă  l’autre.
L’album “A Song About A Girls“, sorti en 2004, est une collection de huit chansons anglais et quatre chansons français. Bien que le groupe soit d’origine belge, on trouve a peine des chansons flamand; la langue ne donne pas accès aux textes pour un public assez grand.

Le Cloître Toussaint est le bon cadre pour la musique du groupe Zita Swoon, dont le nom était uniquemant crée pour le son. Motivé par un couple courageux, le public a pris son espace et commencait à danser entre les sièges et la scène.

Paula Voigt

 

  • Interview avec Stef Kamil Carlens, chef du groupe belge Zita Swoon
  • jeudi 17 juillet 2008

Maisie: Comment définez-vous votre musique ?

Stef: Je le fais le moins possible. Je la défine pas comme ça, on est libre, on peut toujours changer.

M: D’où vient le nom du groupe ?

S: C’est juste un son. Le groupe, il existe depuis très longtemps, depuis quinze ans. Au début on avait un autre nom et il fallait changer. Je voulais un nom qui voulait rien dire en fait, qu’on pouvait garder pendant très longtemps.

M: J’ai lu dans un article que vous vouliez conquérir la France avec le nouvel album ? Ça marche jusqu’ici ?

S: Je ne sais pas dans quel article tu as lu ça mais… on en réfléchit pas vraiment comme ça. Ce qu’on veut obtenir, enfin après quelques années, c’est de pouvoir aller sur la route, et que les gens savent qu’on est un bon groupe live, et que les gens viennent nous voir, tu vois, c’est ça que j’aimerais avoir. C’est ça qu’on a en Belgique, en Hollande, depuis quelques années, et ça c’est ce que j’aimerais bien avoir dans quelques autres pays, entre autres en France.

M: Comment décidez-vous si vous allez chanter une certaine chanson en français ou en anglais ?

S: Je décide, avant que je commence à écrire, quelle langue je vais utiliser. Ni le français ni l’anglais c’est ma langue, alors je dois me déplacer dans une autre langue. Avant que je commence, je décide.

M: Et est-ce que vous chantez en flamand aussi ?

S: Parfois un petit peu, mais j’ai envie de voyager avec ma musique dans toute l’Europe, et le flamand c’est une langue tellement petite…

M: Est-ce que vous avez des chansons que vous traduisez dans plusieurs langues ?

S: On en a une qui est en deux langues, mais pas souvent normalement.

M: Comment votre musique a-t-elle évolué depuis le début du groupe ?

S: Ça, c’est une question très compliquée, parce qu’on a fait déjà beaucoup d’albums, on a joué des centaines de concerts, c’est très variée. En fait, moi et le batteur on a commencé en 1989, alors ça fait très longtemps. Le premier disque on l’a fait en 1995, ça fait beaucoup d’années donc on a changé dans beaucoup de styles. On a utilisé l’électronique, beaucoup de rock, on a essayé plusieurs styles de musique pour danser, musique très acoustique, très calme… c’est très variée.

M: Dans quel pays dans le monde entier voudriez-vous jouer un concert ?

S: Ça m’est Ă©gal en fait. J’aime bien les pays ensoleillĂ©s pour des raisons Ă©videntes, mais… j’aime bien jouer partout.

Paula : Est-ce que les jumelles dans le groupe facilitent la promotion du groupe ?

S: Les filles? C’est des soeurs mais pas des jumelles. Je ne sais pas, oui, peut-ĂŞtre… je ne sais pas. Moi, j’aime bien le cĂ´tĂ© qu’il y a plusieurs voix qui chantent ensemble, ça c’est quelque chose que j’ai toujours voulue, et maintenant elles sont dans le groupe depuis quatre ans, et j’aime vraiment bien.

Caroline: C’est un groupe Ă  voir vraiment live, et la, ce soir ça sera assis: comment ça se passe, est-ce que vous apprehendez?

S: Pour le set qu’on joue aujourd’hui pour le festival, c’est un peu bizarre, oui, parce que c’est un set avec un peu de puissance, en fait, mais, ce soir on va l’adapter un petit peu je pense, pour un public assis.

M: Vous êtes en pleine tournée en ce moment? On peut vous voir dans des autres endroits ?

S: [On fait] des festivals un peu partout en Europe, mais on fait une tournée en France en octobre. On fait dix dates, je pense.

M: Est-ce que vous avez un dernier mot pour les auditeurs de Radio Campus Angers ?

S: Zita Swoon c’est vraiment un groupe live, il faut venir voir en live, ça vie très fort la musique.

20 juillet 2008

Pura Fe’ : l’interview!

A l’occasion de sa venue à Cholet le 28 Juin dernier dans le cadre du festival Esti’Jazz, Pura Fe’ a accepté de m’accorder une interview. L’occasion pour The Blues Riff d’en savoir un peu plus sur cette guitariste et chanteuse d’exception…

THE BLUES RIFF : Pura Fe’, pouvez vous nous raconter comment vous avez découvert le blues ?

Pura Fe’ : C’est quelque chose qui est dans ma famille, le blues est dans mon sang, dans mes veines car c’est une musique qui vient d’où je viens. Ma famille est du sud donc le blues fait parti de notre culture, de notre histoire. Il est toujours présent en nous parce que quand vous habitez dans le sud vous grandissez, bien plus que n’importe où aux Etats-Unis, au contact du blues. Le blues fait parti du patrimoine musical américain. Il est en moi. Mes ancêtres, ma famille sont noirs, indiens ou même européens [sa mère est indienne Tuscarora mêlée de sang noir et irlandais et son père est d’origine portoricaine]. Tout ce métissage, ce mélange, cette douloureuse expérience d’esclavage, tout ça est en moi.

TBR : Comment définissez-vous votre musique ? Est-ce une musique traditionnelle, une musique au cœur des racines du blues, comment peut-on la qualifier?

Pura Fe’ : Oui c’est définitivement une musique qui se situe aux racines même du blues ! Mais ce n’est pas du blues traditionnel. Vous savez, j’ai tellement d’autres styles de musique, je m’enrichie tellement de mes différents voyages ici et là que ma musique est imprégnée de toutes ces influences, de toutes ces cultures. Elle est en quelque sorte un melting-pot, comme moi !

TBR : Vous jouez souvent avec Eric Bibb. On peut notamment vous entendre sur son dernier album. Il semble y avoir une véritable connexion entre vous deux, mêlée d’admiration réciproque. Peut-on espérer un jour vous voir ensemble sur tout un album ?

Pura Fe’ : Tout un album ? (rires) Oh pauvre Eric ! (rires) Oui peut-ĂŞtre, qui sait ? J’aime beaucoup ce qu’il fait, il apprĂ©cie aussi beaucoup ma musique. La sienne est empreinte de soul, elle est spirituelle… Je suis sur que nous allons continuer Ă  jouer ensemble mais je ne sais pas si nous ferons un jour un album entier … Je lui transmets ! (rires).

TBR : Vous êtes soutenue par la Music Maker Relief Foundation de Tim Duffy. Qu’est ce que cette collaboration à concrètement changé pour vous ?

Pura Fe’ : Grace a la fondation, j’ai pu trouver des dates en Europe et ainsi tourner régulièrement ici. D’un autre coté, ils m’ont aidé à tout simplement a avoir de quoi manger. Ils m’ont également permis concrétiser certains projets. J’ai découvert Tim Duffy et il m’a ensuite aidé. Nous avions des connaissances communes et c’est comme ça que je l’ai rencontré. Il m’a permis de parler de l’histoire des populations originaires du sud et des liens étroits qui unissent les noirs et indiens au blues.

TBR : Votre musique est très spirituelle. L’utilisez vous pour transmettre un message au public et si oui quel est alors ce message ?

Pura Fe’ : J’essaie toujours de vĂ©hiculer un message. J’en ai plein et il m’en vient chaque jour de nouveaux Ă  l’esprit. Une de mes nouvelles chansons s’appelle “Stand up for Human Pride”. J’y raconte que de nos jours lorsque l’on regarde ce qui se passe dans le monde, les destructions sont de plus en plus nombreuses et malgrĂ© tout, partout, on encaisse, les gens font de l’argent grâce Ă  la guerre et la mort de milliers d’innocents. Je veux que les gens se rĂ©veiller, ouvrent les yeux et se rassemble comme une race humaine et qu’ils ne restent pas chacun retranchĂ© dans leur camps, Ă  faire comme si de rein n’était et Ă  continuer Ă  encaisser de l’argent, toujours plus d’argent. J’ai beaucoup de message, mais celui-ci est particulièrement important.

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11 juin 2008

Monster Mike Welch

Monster Mike Welch est sans doute l’un des guitaristes de blues les plus renommés de Boston. A seulement 28 ans, il fait preuve d’une maturité déconcertante et d’un feeling qui n’a rien à envier aux plus grands. Les DJs de The Blues Riff, épaulés par leur traductrice Miss Sophie, sont allé à sa rencontre le 8 mars dernier au Terri’Thouars Blues festival pour près d’une demi heure d’interview et un concert fabuleux !!

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THE BLUES RIFF : Monster Mike Welch, il est possible de vous entendre au sein de différentes formation, pouvez-vous nous les citer ?

Monster Mike Welch : J’ai en effet plusieurs groupes. Lorsque je suis chez moi, aux Etats-Unis, je joue habituellement avec mon propre trio, le Monster Mike Welch Band. En revanche, lorsque je suis Ă  l’étranger, j’ai l’habitude de jouer avec une autre formation. Aujourd’hui, je suis accompagnĂ© du groupe hollandais “The Backbones”. Je joue Ă©galement en compagnie de Sugar Ray and the Bluetones ou de Darrell Nulisch.

TBR : Vous avez commencé à jouer très jeune ?

Monster Mike Welch : Oui, j’ai commencé à l’âge de 8 ans, ce qui veut dire que je joue maintenant depuis près de 20 ans ! Dès que j’ai commencé à jouer, j’ai su que c’était ça que je voulais faire : jouer tout le temps, toujours. Je ne me préoccupais pas de savoir si je pourrais en vivre, je voulais simplement jouer !! Monter sur scène, prendre ma guitare et jouer devant un public, c’est tout ce qu’il me fallait ! J’ai toujours voulu jouer devant un public.

TBR : Qu’est ce qui vous a attiré vers le blues ?

Monster Mike Welch : J’ai commencé par les Beatles vous savez. C’était, et ils sont encore, mon groupe préféré ! Des Beatles, je suis remonté vers les Rolling Stones puis les guitar heroes que sont Jimi Hendrix, Eric Clapton… Grâce à eux, j’ai ensuite découvert Freddie King, Buddy Guy, BB King et tant d’autres. C’était cette musique là qui me parlait le plus.

TBR : Avez-vous eu l’occasion de partager la scène avec quelques grands bluesmen ?

Monster Mike Welch : Oui, j’ai Ă©tĂ© très chanceux. A mĂŞme pas 15 ans, j’ai eu l’opportunitĂ© de jouer avec des grands du blues, qui plus est ceux dont j’étais fan : Junior Wells, James Cotton, Hubert Sumlin, Johnny Copeland… J’ai aussi jouĂ© avec The Blues Brothers Band. C’est eux qui m’ont donnĂ© ce surnom de “Monster Mike” car il me fallait toujours l’autorisation de mes parents pour que je puisse jouer Ă  certaines heures tardives. Vous savez, j’ai beaucoup de respect pour ces artistes. Je ne suis jamais montĂ© sur scène avec la volontĂ© de les impressionner, du style “regardez tout ce que je sais faire !”. Ces gars ont vu des milliers de guitaristes, et des meilleurs que moi. Je n’ai jamais voulu monter sur scène avec un tel esprit, ça aurait Ă©tĂ© pour moi leur manquer de respect.

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TBR : Avez-vous déjà eu l’occasion de jouer avec votre idole BB King ?

Monster Mike Welch : Non mais j’ai eu le privilège de le rencontrer et de discuter longuement avec lui. Il savait que j’étais musiciens, mais il ne savait pas qui j’étais et ça lui importait peu. Nous avons discutĂ© ensemble pendant près d’une heure. C’est probablement le guitariste qui m’a le plus influencĂ©. Vous savez, je pense que si j’avais l’occasion de jouer avec lui, je jouerais très peu. Parce que je voudrais l’entendre jouer, tout simplement. Je jouerais le moins possible pour l’entendre le plus longtemps possible !!! Si j’ai la chance de jouer avec BB King, ce serais super, mais ça le serais aussi avec n’importe quel autre musicien. Je suis heureux d’avoir pu jouer et de jouer encore avec quelques uns des plus grands bluesmen. A chaque fois que je suis avec ces musiciens, il y a une connexion entre nous. Ils jouent quelques notes, je les entends et je leur rĂ©ponds. Il y a quelque chose de très beau Ă  communiquer entre musiciens. Et c’est ce qui Ă  mon avis fait sonner le blues ! Tout simplement parce que tous le monde s’écoute mutuellement et ressent ainsi les Ă©motions, les “good vibes”. Le blues pour moi doit raconter une histoire. BB King en est le meilleur exemple parce qu’il raconte toujours une histoire Ă  son public. Et lorsqu’il chante, c’est avec sa guitare qu’il nous raconte une histoire. Quand il joue, il nous parle. Il essaie de nous dire ce qu’il ressent. Et quand vous jouer avec d’autres musiciens, vous devez Ă©couter leur histoire et poser les bonnes questions.

TBR : Que pensez-vous du blues aujourd’hui ? Est-il mort ou se renouvelle-t-il ?

Monster Mike Welch : La musique ne meurt pas. C’est le business qui est en train de mourir. Il n’y a jamais eu autant de musiciens de blues ! Alors peut-être que dans les années 50 à Chicago il y en avait plus, mais il n’y a jamais eu autant de bluesmen partout dans le monde, tous pays confondus. Alors non, le blues n’est pas mort, il ne s’est d’ailleurs jamais aussi bien porté ! En revanche, c’est vrai qu’il est très difficile d’en vivre. Même si on joue pour le plaisir et non pour l’argent, nous avons quand même besoin de manger. Et nous avons tous besoin des musiciens, tout simplement parce que la musique est excellente pour le moral, pour la santé : elle est saine !

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21 mai 2008

Mr Tchang & The Texas Sluts

Interview rĂ©alisĂ© le 8 Mars 2008 au Terri’Thouars Blues Festival par Sophie, Max et Raph.

THE BLUES RIFF : Texas Sluts est un mĂ©lange subtil de blues, de funk, de jazz, de soul… Cette marque de fabrique est surement le fait de vos expĂ©riences respectives, parlez nous de vos influences…

Fire Vince (batteur): J’Ă©coute pas mal de styles diffĂ©rents… après moi je viens plus du jazz en fait, je pourrais t’en citer plein ! J’aime bien trouver l’Ă©nergie dans chaque type de musique. Avec les Texas Sluts, je m’y retrouve parce qu’il y a un cotĂ© funk, que j’apprĂ©cie, et puis l’univers du groove et du blues bien roots, les racines de la musique en fait !

Professor X (clavier): Moi c’est pareil, je viens plus du jazz, d’ailleurs nous avons un groupe commun avec Fire Vince : les Fada, un groupe de jazz moderne. Je suis arrivĂ© au blues un peu par hasard.

Mister Tchang (chant et guitare): mes influences sont bien sĂ»r le blues et surtout les grands guitaristes de blues comme BB King, Albert King, Albert Collins, Magic Sam ou Otis Rush entre autres. J’Ă©coute aussi beaucoup de musique funky, je suis un gros fan de Prince. J’adore les chanteurs soul comme Otis Clay, Otis Redding ou Marvin Gay.

Big Slim (guitare): sur la discographie c’est Ă  peu près le mĂŞme parcours que Mister Tchang. J’ai Ă©coutĂ© pas mal tous les grands maitres du blues et puis on s’est retrouvĂ© autour de la soul des labels Hi Records et Stax avec Al Green ou les Isley Brothers par exemple. On a voulu changer le rĂ©pertoire du groupe qui Ă©tait centrĂ© sur les standards de blues pour orienter tout ça vers cette soul des annĂ©es 70.

Tiffany Slim (basse): j’ai pas grand-chose Ă  rajouter… mes influences sont sensiblement les mĂŞmes c’est-Ă -dire un mĂ©lange de blues-soul-funk-jazz. J’ai jouĂ© dans des groupes de jazz, j’ai fait un peu de pop et maintenant je joue surtout du blues et du rhythm and blues.

TBR : Mister Tchang, tu n’es plus un inconnu sur la scène blues, depuis une dizaine d’annĂ©e tu multiplies concerts et festivals, tu as accompagnĂ© quelques pointures internationales. As-tu d’autres formations Ă  l’heure actuelle ?

Mister Tchang: oui bien sur !! Alors il y a d’abord mon trio Mister Tchang et Easy Money qui est mon premier groupe. J’ai Ă©galement une autre formation qui s’appelle les Napkings, je fais souvent des concerts avec Abdel B-Bop oĂą on accompagne des amĂ©ricains. J’Ă©tais dans Malted Milk mais j’ai arrĂŞtĂ© pour me consacrer un peu plus aux Texas Sluts.

TBR : Tu as joué un titre avec le groupe angevin les Clawhammers, comment vous êtes vous rencontré ?

Mister Tchang: On s’est rencontrĂ© il y a 4 ou 5 ans, ici mĂŞme, au festival de Thouars oĂą ils faisaient notre première partie. On les avait invitĂ©s Ă  jouer avec nous sur scène. Puis ensuite je les ai retrouvĂ©s Ă  un stage de blues Ă  Tournon d’Agenais oĂą j’officiais comme prof. Du coup on s’est connu un peu plus et puis ils m’ont inviter Ă  venir jouer et chanter un titre sur leur nouvel album. Je viens juste de recevoir le cd, vraiment un très très bon disque que je recommande !!!

TBR : Comment s’est dĂ©roulĂ© l’enregistrement de votre premier cd « On The Game » ?

Big Slim: Il se trouve que l’on a pas Ă©tĂ© en studio, on Ă  quasiment tout fait nous mĂŞme !! Le cd contient 5 reprises façon Texas Sluts et 7 compositions. On a pris notre temps pour obtenir le son que l’on voulait. Tout Ă  Ă©tĂ© enregistrĂ© Ă  la maison, seul le mastering Ă  Ă©tĂ© confiĂ© Ă  des pros. La pochette Ă  Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©e par une copine. C’est le cĂ´tĂ© roots du 21ième siècle !!!!!!!! Le cd est sorti du pressage fin novembre et on vient de signer avec Mosaic Music qui va en faire la distribution. Il sera donc disponible dans les Fnac et chez les disquaires dès fin mars. On peut aussi le commander directement sur notre site internet.

TBR : Comptez-vous passer prochainement dans les Pays de la Loire ?

Tiffany Slim : Ouais on va se faire tous les châteaux !!!

Big Slim : En revenant du japon !!

Mister Tchang : Pas encore mais ça commence Ă  dĂ©marrer, on a sortit le cd peut-ĂŞtre un peu tard pour avoir les festivals de cet Ă©tĂ©. Je pense que pour l’annĂ©e prochaine ça devrais ĂŞtre pas mal parce qu’il a Ă©tĂ© bien accueilli, il a Ă©tĂ© 5ième au PowerBlues de fĂ©vrier. Le disque marche bien, les gens l’aiment bien en gĂ©nĂ©ral donc Ă  priori ça devrais pas poser de problèmes pour tourner l’annĂ©e prochaine. Toutes les dates sont disponibles sur notre page myspace.

Plus d’infos :
www.texassluts.fr
www.myspace.com/texassluts

23 décembre 2007

Rencontre avec Socalled

Une interview fantasmagorik sur le 103 FM ?
Vous l’avez rĂŞvĂ©, Thème Ă  Tics l’a fait !

Emission décalo - maniaco - apocalyptique, Thème à Tics défrise un thème chaque semaine en musiques et chroniques.
Et pour agrémenter leurs délires, les animatrices ont demandé à un bordelique animé par des horizons diversifiées de se plier au jeu.

Le grand Socalled souriant çi dessous avec ses oreilles en feuilles de Choux.

Le pourquoi du comment de pourquoi qu’il mĂ©lange du Hip Hop avec du Klezmer. Le pourquoi du comment qu’il s’est toujours pris pour un cowboy.

Thème a Tics s’est dit “On dĂ©crypte tout ça aux Z’eclectiques”. Et le 3 novembre dernier, TAT y Ă©tait…
Avec une interview réalisée dans une douche vetuste, les Thématikiennes se sont livrées à un décorticage acidulé de cette homme à la personnalité décalée et tout ça pour Radio Campus Angers !!

>> Retrouvez Thème à Tics tous les mercredis de 19h à 20h
>> Socalled
>> Les Z’Eclectiques

 

Pour Ă©couter l’interview, c’est par ici :

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9 novembre 2007

Interview de MaĂŻa Barouh, concert du 25 octobre au Cabaret Shinjuku.

C’est une aventure folle que celle du Cabaret Shinjuku. A l’initiative du projet, Maïa Barouh, une jeune femme japonaise, que je rencontre au T Rock Coco après le concert de trois groupes sélectionnés parmi la compilation Kumasakura. Maïa est une musicienne issue du courant « Underground » de la scène japonnaise. C’est dans la rue, au cours de ces représentations à Tokyo, qu’elle rencontre plusieurs artistes et se passionne pour chacun d’entre eux. Forte d’une double culture, française et japonaise, elle décide d’exporter la folie « Underground » vers la France. Maïa porte alors ce projet de faire le pont entre la France et le Japon, de transmettre l’univers décalé mais honnête de ceux qui vont l’accompagner. Elle sélectionne alors les artistes selon ses passions et les regroupe pour former le cabaret Shinjuku.

Ce sont donc trois des dix-huit artistes présent sur la compilation Kumasakura (édition Saravah) qui partagent l’aventure de Maïa. La jeune femme prend des risques et investit dans cette conquête vers l’Occident ; mieux, elle fédère sa cause auprès des trois groupes talentueux. Chacun possède son propre univers, différent de l’autre, mais l’explore jusqu’au bout de sa folie.
Il y a d’abord Hibiya Katan, ce guitariste virtuose que l’on ne se lasse pas d’écouter.
Puis Les Romanesques, qui connaissent déjà bien la France puisqu’ils se représentent déjà sur Paris. Ils traduisent leur univers fantasque japonais avec des textes décalés en français et leurs prestations nous transportent dans des univers d’émotions variés. Le chanteur provoque tantôt le rire, tantôt la peur, à la manière des vignettes de mangas grandeur nature. Une véritable leçon d’interprétation destinée aux artistes français, où le regard de l’autre n’a aucune importance et où la performance théâtrale d’un personnage kitsch et décalé est totalement assumée.
Enfin, le groupe Momonashi illustre le mélange des cultures japonaises. Une chanteuse du Sud, un bassiste du Nord et une richesse qui émane d’un si petit pays et qui témoigne du succès de créations artistiques tout en gardant leurs racines. Même notre Edith Piaf aurait frissonné comme nous, lorsque la chanteuse Mihoko entonne avec émotion sa version japonaise de « Padam ».

Le seul regret que nous ayons, c’est lorsque le concert se termine. Leur succès, c’est d’avoir transporté le public là-bas, à des milliers de kilomètres. Nous comprenons alors la confiance mutuelle qui s’est instaurée entre Maïa Barouh, cette jeune femme audacieuse, et ses trois baladins. Leur sincérité, l’honnêteté de leurs prestations valent effectivement le déplacement. Pour leur première tournée en France, nous leur assurons que le risque en valait la peine. Mieux ; nous espérons les revoir bientôt…

Lien :
www.saravah.fr/TEST/KUS/